Deux erreurs en voiture qui mettent votre chat en danger

Sur une longue route, ce ne sont pas les kilomètres qui abîment un chat, ce sont deux erreurs précises : une caisse non arrimée, posée en vrac sur la banquette ou abandonnée au fond du coffre, et un arrêt sur une aire transformé en pause de conducteur, portière ouverte, caisse ouverte, chat dehors. Tout le reste du trajet découle de ces deux décisions. La caisse doit rester fixe et visible depuis les places avant, et l'arrêt doit être celui du conducteur, jamais celui du chat.

Deux erreurs en voiture qui mettent votre chat en danger

Je fais cette route une à deux fois par an. Sept cents kilomètres d'autoroute, du nord vers le sud-ouest, la voiture chargée jusqu'au pavillon, départ à six heures pour traverser la plaine avant que le bitume ne chauffe. Je n'emmène qu'un chat à la fois, et la première année, j'ai commis mes deux erreurs dans l'ordre, en croyant chaque fois bien faire.

La caisse était dans le coffre. C'était une voiture où le coffre communique avec l'habitacle, je me suis dit que cela suffisait, que le chat serait au calme derrière, loin des pédales et du levier de vitesses. Sauf qu'au bout de deux cents kilomètres, je ne savais plus si le miaulement venait du moteur ou de l'arrière. Je m'en suis rendu compte au péage, en tendant l'oreille : elle grattait la grille depuis un moment déjà, et je ne l'avais pas entendue.

L'aire, ensuite. Troisième arrêt, une grande aire avec des arbres, un banc, des camions qui manœuvrent. J'ai ouvert la caisse sur l'herbe, en me disant qu'un chat a besoin de se dégourdir les pattes après quatre heures de route. Elle a filé sous la voiture voisine, et j'ai passé vingt minutes à genoux sur le gravier. Je ne le referai pas — pas seulement parce qu'elle s'est sauvée, mais parce que ces vingt minutes-là n'étaient pas pour elle. Elles étaient pour moi, pour me rassurer sur le fait que je ne l'enfermais pas.

Depuis, j'ai une routine que je ne négocie plus. La voici, dans l'ordre où elle se présente dans une journée de route.

Le coffre : le plus pratique, le moins défendable

Ce que je regarde d'abord maintenant, ce n'est pas le volume du coffre, c'est ce que le chat peut y respirer. Un coffre fermé n'a pas d'arrivée d'air propre : l'air vient de l'habitacle, quand il vient. Beaucoup de voitures ont une plage arrière qui ferme complètement, et à partir de là, le chat est dans une boîte posée sur de la tôle. Ajoutez le soleil sur le hayon en fin de matinée et vous obtenez un endroit où il fait plus chaud que dans l'habitacle, climatisation allumée devant ou pas.

L'autre problème est humain, et c'est celui qui m'a coûté le plus cher. Si le chat est dans le coffre, vous n'avez aucun retour. Pas de miaulement net, pas de mouvement visible, rien qui vous fasse dire « là, il y a un souci ». Sur sept cents kilomètres, c'est le pire des deux mondes : on ne le voit pas et on ne l'entend pas.

Le coffre se défend dans un seul cas : un break ou un SUV avec une grille rigide derrière les places arrière et la plage retirée, qui laisse réellement circuler l'air de l'habitacle. Sans cette grille, la place du chat est devant, avec vous.

Ce que je fais maintenant, concrètement

La caisse est sur la banquette arrière, contre le dossier, la porte grillagée tournée vers le dossier. Le chat ne voit pas le paysage défiler à l'envers, il a une paroi devant lui, et surtout il reste dans le champ de mon rétroviseur. D'expérience, il s'agite moins comme ça qu'orienté vers la vitre. Sur le plancher de la caisse, une serviette qui sent la maison et une aliette absorbante ; une petite litière basse pour les trajets très longs.

L'arrimage, ensuite, et c'est là que beaucoup de gens s'arrêtent à moitié. La ceinture de sécurité passe dans la poignée de la caisse, puis la ceinture ventrale repasse sur la base. Une caisse qui glisse sur la banquette reste une caisse qui glisse : en freinage appuyé, tout ce qui n'est pas retenu part vers l'avant — la caisse, le chat dedans, et vous derrière. Le conducteur doit rester maître de son véhicule, et un chat qui se glisse sous les pédales fait exactement l'inverse.

Deuxième option, celle que j'utilise pour les trajets courts : au sol, derrière le siège avant, calée entre le siège et la banquette. Elle ne peut pas être projetée. En échange, elle est dans le courant d'air des pieds, à l'ombre ou en plein soleil selon l'heure, et on risque de la bousculer en montant. Il n'y a pas de solution parfaite, il y a un choix à assumer selon la longueur du trajet.

Et le harnais attaché à la ceinture, cette question qu'on me pose tout le temps ? Je le prends en secours, pas en solution. Un chat harnaché sur la banquette reste un chat libre à l'intérieur de l'habitacle : c'est mieux que rien, ce n'est pas une retenue. La caisse fait les deux choses à la fois, elle contient et elle protège.

L'arrêt toutes les deux heures et demie

Je m'arrête toutes les deux heures et demie, trois heures au maximum. Pas parce que le chat le réclame — il ne réclame rien, c'est bien le problème — mais parce que c'est le seul moment où je peux vérifier quelque chose.

Le rituel est toujours le même. Moteur coupé, je ne touche pas à la grille. Je glisse un bol plat contre la fente, s'il y en a une, sinon je le présente devant la porte grillagée sans l'ouvrir. Je regarde la serviette, l'aliette, la position de la caisse. Dix à quinze minutes, pas une heure.

Ce que je ne fais plus jamais : ouvrir la caisse sur une aire. Une aire d'autoroute, c'est des camions qui manœuvrent en marche arrière, des portières qui claquent, des chiens en laisse, et un chat qui n'a jamais vu cet endroit de sa vie. Si j'ai un doute sur son état, je regarde à travers la grille, dans la voiture, portières fermées. Je ne le sors pas.

Le repas, enfin. Rien de lourd juste avant de partir. Le dernier vrai repas, c'est la veille au soir ou trois heures avant le départ, et rien pendant la route. Un chat qui refuse de boire à chaque arrêt sur une journée, ce n'est pas un drame en soi ; on represente le bol à l'arrêt suivant, sans insister.

L'aire, c'est là que le deuxième piège se referme

Voilà ce que j'ai mis longtemps à comprendre, et c'est le point que je répète le plus autour de moi : l'erreur de l'aire n'est pas d'ouvrir la caisse, c'est de croire que l'arrêt est une pause. Il n'y en a pas.

La voiture garée, même dix minutes, même à l'ombre, même vitres entrouvertes, chauffe beaucoup plus vite que l'extérieur. Et l'ombre bouge. J'ai fait un jour une halte de trois quarts d'heure sous un platane, en plein après-midi : quand je suis revenu, le soleil avait tourné et la caisse était en plein sur la lunette arrière. Le chat n'a rien eu, j'ai eu de la chance, et je ne compte pas deux fois sur la chance.

Donc le repas du midi se planifie avant de partir. Soit l'un mange pendant que l'autre reste près de la voiture, soit on mange dans la voiture, soit on s'installe à une table d'où l'on voit le véhicule. Le passage au drive, pour ce que ça vaut, règle le problème en cinq minutes sans sortir personne. Et quand il fait vraiment chaud, la clim tourne pendant l'arrêt : on brûle du carburant à l'arrêt, c'est le prix, il n'y a pas de version gratuite de cette équation. Aucun chat ne reste seul dans une voiture garée par temps chaud ou ensoleillé, même cinq minutes, même avec une vitre ouverte.

Les papiers ne changent rien à la caisse

Un mot là-dessus parce que la question revient dès qu'on parle de voyage. En France, l'identification est obligatoire, et pour passer dans un autre pays de l'Union européenne, il faut une puce lue, une vaccination antirabique à jour et un passeport européen établi avant le départ. Cela se prépare des semaines à l'avance chez le vétérinaire, pas la veille.

Mais je le dis franchement : des papiers en règle et une caisse en vrac au fond du coffre, c'est un dossier parfait pour une journée ratée. Les formalités concernent la frontière. L'arrimage concerne le chat.

À l'arrivée, la porte de la pièce se ferme avant celle de la caisse

Le trajet ne s'arrête pas au frein à main. À l'arrivée, je ne pose pas la caisse au milieu du salon. Je monte la caisse jusqu'à une pièce unique — la salle de bains, une chambre vide —, je ferme la porte de cette pièce, et là seulement j'ouvre la grille. Eau, litière, caisse au sol, et je m'assois par terre pour attendre qu'elle sorte d'elle-même.

Le reste de la maison, c'est pour le lendemain, ou pour la fin de journée. Un chat qui débarque après sept cents kilomètres et à qui on ouvre tout de suite trois étages, c'est un chat qui choisit le seul endroit d'où on ne le sortira plus : sous le canapé, derrière le lave-linge, ou dans le vide sanitaire.

Les deux erreurs de ce trajet-là, je les ai payées en tension et en sueur, pas en catastrophe. C'est souvent comme ça, et c'est bien pour ça qu'on les répète : rien ne se voit sur le moment. Ce ne sont pas des accidents. Ce sont deux décisions qu'on prend à l'arrêt, avant de tourner la clé, et une troisième qu'on reprend à chaque aire.

Coussins et Griffoirs

À propos de l’auteur

Coussins et Griffoirs rassemble des personnes qui vivent avec des chats depuis longtemps, en appartement comme en maison, et qui ont fini par connaître aussi bien les arrivées de chatons que les vieux chats à porter chez le vétérinaire. Elles parlent de ce qu'elles ont vu chez elles, avec l'espace et les moyens de gens ordinaires.

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