Ce qu'un chat à poil long demande vraiment pour éviter nœuds et bourres

Un chat à poil long demande un brossage quotidien de cinq à dix minutes, une séance de démêlage plus longue une fois par semaine, et deux passages par jour aux changements de saison. Ce n'est pas la brosse qui coûte, c'est la régularité : trois jours sautés et la bourre se referme derrière les oreilles, dans le creux des aisselles, à l'intérieur des cuisses. Un poil court se contente d'une séance hebdomadaire, avec quelques semaines par an où il faut doubler. Un Sphynx ne demande aucune brosse et une quinzaine de minutes de peau par semaine. Le reste, c'est de l'organisation.

Je suis assis en tailleur sur le parquet, un dimanche soir, le chat couché en travers de mes genoux. Je ne prends pas la brosse, je passe d'abord la main à rebrousse-poil sur son flanc, parce que c'est la main qui trouve et la brosse qui ment. Sous le pouce, derrière l'oreille gauche, une petite bille dure de la taille d'un grain de riz, et le poil qui tire autour quand je soulève la mèche. Je n'ai rien fait hier. Ni avant-hier. Le chat ronronne, il ne sent rien, il n'a pas mal. Une bourre ne fait pas mal tant qu'elle reste une bourre ; c'est au moment où elle se referme et tire sur la peau qu'il commence à se lécher la zone jusqu'à se dépiler le poil.

Je sépare la mèche avec deux doigts, je pince la racine pour ne pas arracher, et je décompose du bout vers la peau, par petits gestes, sans jamais tirer d'un coup. Dix minutes pour cette seule zone. Il se retourne, je le laisse partir. Le reste attendra demain, et c'est très bien comme ça.

Le budget-temps, calculé par pelage

Quand quelqu'un me dit qu'il veut un Maine Coon, la première question que je pose n'est pas sur la taille de l'appartement. C'est : combien de minutes par semaine êtes-vous prêt à passer, un peigne à la main, sans que personne ne vous le rappelle ? Parce que le calcul est simple et qu'il ne pardonne pas.

Poil long dense : le quotidien, ou rien

Cinq à dix minutes par jour, soit une heure par semaine environ, plus une séance de fond le week-end où je démonte vraiment le sous-poil au lieu de lisser la surface. Sur un Persan à sous-poil très dense, c'est le minimum vital. Sur un Européen à poil mi-long, c'est souvent un peu moins, mais la fréquence, elle, ne se négocie pas.

Le piège, c'est que le dessus du dos est toujours impeccable. On croit avoir fini parce que la main glisse. Il faut passer le peigne à contresens du poil : s'il s'arrête net, il y a un nœud en dessous. C'est le seul test qui ne se trompe pas.

Poil mi-long soyeux : moins de sous-poil, d'autres coins

Un Sacré de Birmanie a peu de sous-poil, un poil soyeux qui se feutre moins qu'un Persan. Ça ne veut pas dire qu'il ne demande rien. Chez les miens, les bourres arrivent au même endroit chaque fois : le creux de l'aisselle, l'intérieur des cuisses, et sous le collier quand il y en a un. Le poil est plus fin, il casse plus qu'il ne feutre, et il fait de l'électricité statique l'hiver avec le chauffage.

Les poils qui dépassent entre les coussinets, personne n'y pense. Sur du carrelage, un chat à poil long qui glisse et qui s'assoit en crapaud, ce n'est pas de la paresse : c'est qu'il n'a plus de frein.

Poil court : une séance par semaine, mais pas toute l'année au même rythme

Chartreux, Bengal, Européen : cinq minutes par semaine suffisent en période calme. Sauf qu'il y a deux moments dans l'année, grosso modo mars-avril et septembre-octobre, où je passe à trois séances hebdomadaires de dix minutes. Et une nuance que les fiches oublient souvent : un chat d'intérieur chauffé, sous lumière artificielle, mue par petites touches toute l'année au lieu de faire deux grosses crises. Je ramasse donc du poil en janvier comme en juillet, juste moins d'un coup.

Le temps gagné n'est pas le seul bénéfice. Un chat qui se lèche avale ce qu'il ne perd pas au brossage. Brosser, c'est aussi réduire ce qu'il ingère.

Sans poil : la peau prend le relais

Un Sphynx ne se brosse pas, il se nettoie. Sa peau produit de la sébum qui n'a pas de poil pour l'absorber, et ce qui reste sur les doigts quand on caresse le dos, c'est une couche légèrement grasse qui s'accumule dans les plis : cou, pli de la patte, base de la queue, entre les orteils. Je compte deux à trois passages doux par semaine, un chiffon tiède, sans frotter fort, plus les oreilles une fois par semaine parce que le cérumen s'y colle. Ça fait un quart d'heure hebdomadaire, mais réparti, et ça se voit tout de suite si on saute deux semaines : le chat marque les meubles et les t-shirts.

Aucun de ces trois profils n'est plus facile qu'un autre. Ils sont différents. Le poil long prend du temps chaque jour, le poil court prend du temps à des moments précis, le sans-poil demande de toucher un chat qui n'a pas de fourrure pour amortir.

Les zones que la brosse ne voit jamais

Une liste courte, et je m'y tiens dans cet ordre : derrière les oreilles, le creux des aisselles, l'intérieur des cuisses, le ventre en dernier, le bas du dos et la base de la queue, sous le collier, entre les coussinets. Le ventre en dernier parce que c'est la zone où un chat se ferme le plus vite, et qu'il faut y arriver quand il est déjà détendu, pas au début quand il est encore sur la défensive.

Le bas du dos mérite une ligne à part. Un chat qui vieillit, ou qui prend du poids, n'arrive plus à se lécher correctement là. Le poil y devient gras, légèrement jaune, et se feutre en plaques. Ce n'est pas un problème de brossage, c'est un signal : à ce stade, je regarde comment il se déplace et je parle au vétérinaire plutôt que de frotter plus fort.

Une bourre serrée : là où je m'arrête

Tant que le nœud se défait entre deux doigts et qu'il reste de la place pour passer un peigne, je continue. Quand la masse est dure, collée à la peau, de la taille d'une pièce de monnaie, et que le chat grogne ou fuit dès que la main approche : je m'arrête.

Je ne coupe pas aux ciseaux. La peau d'un chat est fine et se soulève avec la bourre ; une lame qui passe là-dessous, ça se termine aux urgences un dimanche soir. Et si la peau en dessous est rouge, suintante, ou que le chat se lèche au point de se dépiler, ce n'est plus du toilettage, c'est du soin, et ça ne se règle pas avec un peigne. Direction le vétérinaire.

Le reste du temps, la vraie règle, c'est de ne jamais finir sur un nœud. Terminer sur une séance douloureuse, c'est s'assurer que le chat se cachera la prochaine fois. Mieux vaut laisser la bourre et y revenir deux fois dix minutes plus tard dans la journée.

Le chat apprend, même adulte

Un chaton qu'on manipule tôt accepte presque tout, c'est vrai. Mais j'ai vu des chats de six ans se mettre au brossage quotidien en trois semaines, en commençant par trente secondes, une seule zone, toujours au même endroit de la pièce, toujours après le repas. On ne tient pas un chat de force pour un brossage : on raccourcit la séance jusqu'à ce qu'il reste, et on agrandit ensuite. Certains chats préfèrent debout contre un mur, d'autres couchés sur le flanc. Ça se trouve en une semaine.

Ce que ça change quand on choisit la race

Je dis toujours la même chose à quelqu'un qui hésite entre deux races pour des raisons d'esthétique : comptez les minutes. Deux chats à poil long dans un appartement, c'est deux heures de peigne par semaine, pas une. Un foyer où les gens partent trois jours en déplacement régulièrement n'a pas le même budget qu'un foyer où quelqu'un est là le soir. Et un chat à poil long qui ne sera brossé que le week-end finira avec des bourres, ce n'est pas une question de volonté, c'est mécanique.

Un poil court qui demande cinq minutes le samedi, ce n'est pas un chat « facile », c'est un chat qui laisse du poil partout et qui compte sur vous en mars et en septembre. Et un Sphynx, qui n'a pas de poil du tout, vous demandera de le toucher chaque semaine sur un corps que la caresse rend gras. Chacun a son prix. Il vaut mieux le payer en minutes qu'en nœuds.

Coussins et Griffoirs

À propos de l’auteur

Coussins et Griffoirs rassemble des personnes qui vivent avec des chats depuis longtemps, en appartement comme en maison, et qui ont fini par connaître aussi bien les arrivées de chatons que les vieux chats à porter chez le vétérinaire. Elles parlent de ce qu'elles ont vu chez elles, avec l'espace et les moyens de gens ordinaires.

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