Comment comprendre la ligne vermifuge du carnet d'un chat adopté en refuge

La ligne vermifuge d'un carnet de refuge se lit en deux informations, et deux seulement : la date, et l'auteur du traitement. Ce jour-là, c'est le refuge qui a traité le chat, pas vous, et ce qui suit dans le temps ne lui appartient plus. Cette ligne raconte donc ce qui a déjà été fait avant la remise du chat, et rien d'autre. La suite se construit avec le vétérinaire du foyer, en repartant de cette date connue. Tout le reste du carnet (identification, vaccination) se lit séparément, ce n'est pas le même sujet.

Comment comprendre la ligne vermifuge du carnet d'un chat adopté en refuge

Je m'en suis rendu compte un samedi après-midi, la pochette du refuge ouverte sur la table de la cuisine, à côté d'une tasse de café qui refroidissait. Dedans : le carnet de santé, un certificat provisoire d'identification, une ordonnance pliée en deux, le tout maintenu par un trombone un peu rouillé. Le chat reniflait la plinthe. Moi, j'avais les yeux sur la page du milieu, et je ne comprenais pas grand-chose.

Ce que j'ai sous les yeux

Ce qui est écrit à cet endroit du carnet tient en général à très peu de chose. Une date au stylo bille. Un mot : vermifuge, vermifugé, parfois un nom de molécule écrit trop vite pour être lisible. Une case cochée dans un tableau, ou une étiquette collée de travers. Parfois une mention du poids du chat, utile parce que le dosage en dépend, mais souvent absente.

Rien dans cette ligne ne dit si le refuge a traité à l'arrivée du chat ou juste avant l'adoption. Rien ne dit s'il s'agissait d'un traitement des vers internes seulement, ou aussi des parasites externes comme les puces. Rien ne dit à quelle fréquence le refuge avait prévu de recommencer. Et surtout, rien ne dit ce que le refuge fera après la remise du chat, parce qu'il ne fera plus rien : le chat n'est plus chez lui.

La date avant le mot

La première chose que je regarde, ce n'est pas le mot vermifuge. C'est la date. Tant que je n'ai pas situé cette date, je ne sais rien.

Un carnet où la ligne est datée de la veille de l'adoption ne raconte pas la même histoire qu'un carnet où elle porte la date de l'entrée au refuge. Le chat qui a passé six semaines en box a très bien pu être traité le premier jour et jamais depuis. Ce n'est pas un problème en soi, c'est une information : le traitement dont je dispose a un âge précis au moment où le chat arrive chez moi.

Ce qui compte, en revanche, ce n'est pas de calculer moi-même le délai avant le prochain traitement. Ce genre de calcul dépend du chat, de son âge, de s'il sort ou pas, s'il chasse, s'il vit avec d'autres animaux, s'il y a des enfants à la maison. Ces éléments, c'est le vétérinaire qui les soupèse, pas moi devant mon carnet. Mon rôle se limite à lui apporter la date et à la lui laisser lire sur le papier d'origine.

Ce que le refuge fait, et ce qu'il ne fait pas

Un chat qui entre en refuge passe presque toujours par un minimum : identification, mise à jour des vaccins, traitement contre les parasites internes, souvent aussi contre les puces et les tiques. C'est du soin d'entrée, une remise à niveau sanitaire. Le refuge traite ce qu'il voit et ce qu'il sait à ce moment-là.

Ce qu'il ne peut pas faire, c'est décider à ma place de ce qui conviendra à mon logement pendant les dix prochaines années. Un refuge ne sait pas si j'ai un jardin, si je vis en appartement au quatrième étage, si mon chat aura accès à l'extérieur, s'il y a déjà un chat chez moi. C'est au vétérinaire du foyer de construire ce plan-là, sur un chat qu'il verra, pèsera, examinera.

Autrement dit : la ligne du carnet est un point de départ daté, pas un programme. Les deux ne se contredisent pas, ils ne parlent simplement pas de la même chose.

Le réflexe que je conseille à tout le monde

Au moment de l'adoption, quand la pochette est sur le comptoir, une question suffit : qu'est-ce qui a été donné à ce chat, quel jour, et est-ce qu'il y a eu plusieurs passages ?

Les personnes du refuge ont le dossier sous les yeux, souvent plus lisible que le carnet. Elles répondent sans difficulté. Si l'adoption s'est faite par téléphone ou par mail, un appel plus tard marche aussi bien : ce n'est pas une question de dernière minute, c'est une question de dossier.

Ce que je note dans mon téléphone tient en trois lignes : une date, un mot de produit, et oui ou non, plusieurs traitements. Je le note même si le carnet dit la même chose. Parce que le carnet, une fois rangé dans un tiroir, je ne le relis pas. La note dans le téléphone, elle, est là le jour du rendez-vous.

Ne pas confondre la ligne vermifuge et l'identification

C'est une confusion que je vois souvent. Dans la même pochette, il y a le carnet de santé et le certificat provisoire d'identification. Ce sont deux choses différentes, gérées par deux circuits différents.

Sur le carnet, on trouve le numéro d'identification du chat. Ce numéro est enregistré dans le fichier national d'identification des carnivores domestiques, l'I-CAD. Cet enregistrement est un acte administratif, distinct du suivi médical. Un chat peut être parfaitement et définitivement identifié avec un carnet presque vide. Un autre peut avoir un carnet très rempli et un dossier d'identification encore en cours de mise à jour, avec un certificat provisoire en attendant la carte définitive.

Aucun des deux ne compense l'autre. L'identification ne remplace pas le carnet de santé, et l'inverse est vrai. Ce sont deux colonnes séparées, et il faut les vérifier séparément.

Le premier rendez-vous vétérinaire

Ce que j'emporte : le carnet original, l'ordonnance du refuge s'il y en a une, et la pochette entière. Pas une photo. Le vétérinaire veut voir le carnet, pas mon résumé.

Ce que je dis en arrivant : voilà ce que le refuge a fait avant que je récupère le chat, je ne sais pas si c'est à jour. C'est une phrase simple. Elle laisse la place à la suite sans la décider à l'avance.

Ce que je ne dis pas : il est vermifugé. C'est faux au sens où ça clôt le sujet. Un chat traité il y a deux mois n'est pas forcément vermifugé aujourd'hui, et c'est justement pour ça qu'on va en consultation.

Le cas du carnet à moitié rempli

Il arrive que la ligne vermifuge soit absente, ou datée d'une manière incompréhensible, ou que le nom du produit soit illisible. Il arrive aussi qu'un chat soit arrivé au refuge très récemment, avec un dossier ouvert à la hâte, ou qu'il ait été trouvé, ou ramené par un particulier qui n'avait aucun papier.

Dans ce cas, ce n'est pas au nouveau propriétaire de chercher un coupable. Le vétérinaire part d'un constat : on ne sait pas ce qui a été fait, donc on prend la date du premier rendez-vous comme point de départ, et on propose un plan préventif. C'est raisonnable, et c'est ce que font les vétérinaires tous les jours.

Un carnet incomplet n'est pas une faute du refuge. C'est un carnet incomplet. Le refuge a travaillé avec ce qu'il avait, et personne n'a rien à se reprocher, ni le refuge, ni le nouveau propriétaire.

Une chose à laquelle personne ne pense

Le vermifuge et l'antiparasitaire externe ne traitent pas les mêmes bestioles. Les vers intestinaux d'un côté, les puces et les tiques de l'autre. Un refuge fait souvent les deux, mais pas toujours sur la même ligne du carnet, parfois sur deux pages différentes, parfois avec deux noms de produits sans rapport.

Quand je relis un carnet, je cherche donc deux choses séparées : ce qui concerne les vers, et ce qui concerne la peau et le pelage. Lire une seule ligne et se dire que c'est fait est l'erreur la plus courante que je vois chez les nouveaux adoptants.

Ce que le carnet ne règle pas

Il y a une tentation, quand on rentre avec un chat, de croire que le carnet va répondre à tout. Il ne répond à rien de ce qui concerne l'avenir. Il raconte ce qui s'est passé avant, à un endroit, avec un vétérinaire qui ne connaissait pas la maison.

Le reste, c'est un rendez-vous, un carnet posé sur le bureau, et quelqu'un qui pose deux ou trois questions. La ligne vermifuge du refuge est un point dans le temps, pas un état permanent. Une fois qu'on l'a lue comme ça, tout le reste du carnet se lit plus facilement.

Coussins et Griffoirs

À propos de l’auteur

Coussins et Griffoirs rassemble des personnes qui vivent avec des chats depuis longtemps, en appartement comme en maison, et qui ont fini par connaître aussi bien les arrivées de chatons que les vieux chats à porter chez le vétérinaire. Elles parlent de ce qu'elles ont vu chez elles, avec l'espace et les moyens de gens ordinaires.

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